Nous vous avons déjà parlé sur ce site du « Collectif Caisse de Grève (COCG) » qui s’est constitué à Mulhouse. S’il constate la faillite de la plupart des instances syndicales, il a le mérite de ne pas se contenter de vaines critiques et de pieuses
supplications pour que les bureaucraties retrouvent le bon chemin. Il propose une démarche qui permettrait à la base de reconquérir son autonomie et de reprendre l’offensive.
De réunion en réunion, le projet s’est précisé et va jusqu’à suggérer des modalités pratiques de fonctionnement qui autorisent un démarrage immédiat : pas seulement des mots, des actes ! L’état de la réflexion a été porté à la connaissance des participant-e-s à la manif du 17 juin à Mulhouse sous la forme d’un tract qui a servi de base à la rédaction du texte publié ci-dessous.
Vous pourrez constater que les membres de ce petit collectif lancent avec insistance un appel à la constitution d’autres collectifs qui se fixeraient des objectifs comparables. On les comprend : seuls, ils ne pourront évidemment pas survivre. Alors, n’hésitez pas, diffusez largement cette information, imitez-les et prenez contact avec eux (voir adresse électronique à la fin du texte ; vous pouvez aussi écrire à la BP d’ACC qui transmettra : A Contre Courant BP 2123 68060 MULHOUSE Cedex).
Donnons-nous les moyens d’engager
le combat social : LA CAISSE DE GREVE
Qui peut encore raisonnablement penser que quelques journées de grève ponctuelles et sans lendemain feront reculer un gouvernement qui multiplie ses attaques contre la « France d’en bas » ?
Dans l’autosatisfaction permanente, surtout lorsque les manifestations sont bien suivies lors de certaines journées de mobilisation, les centrales syndicales voudraient nous faire croire que cela reste insuffisant. Et aussi nous faire oublier que toute leur stratégie vise à protéger le système qui les nourrit.
Les faits parlent d’eux même : en 30 ans nous n’avons obtenu aucune victoire salariale, nous ne faisons que marcher à reculons ou résister dans un statu quo (dans le meilleur des cas).
La régression des retraites en 2003 est bien passée, et celle de 2007 aussi. Lisez les appels et tracts de la CFDT, de la CGT de la FSU (et d’autres) : les 40 années minimum de cotisation sont acceptées implicitement, ou parfois explicitement. Les responsables de ces organisations syndicales nous ont mené plus ou moins ouvertement en bateau en 2003 ou en 2007 quand ils faisaient mine de s’opposer à ce qu’ils acceptent aujourd’hui. On pourrait en dire autant de la plupart des directions politiques dites de « gauche ».
Il est évident que si nous souhaitons défendre réellement nos intérêts, nous ne pouvons plus, à la base, nous contenter de suivre les directions politiques et syndicales. Il s’agit désormais de nous auto-organiser pour reprendre enfin l’offensive.
Travailleurs du privé, du public, français, immigrés, chômeurs, jeunes, retraités, nos intérêts sont liés ! Nous sommes tous concernés ! Il faudra riposter dans l’unité et avec une détermination au moins aussi forte que celle qui a prévalu en 68. Ou alors il faudra accepter régression sur régression…
Unissons-nous et passons tous ensemble à l’offensive sociale : français et immigrés, travailleurs du privé et du public, chômeurs, jeunes et retraités…
Préparons la grève générale, préparons la riposte sociale en mettant en place des pratiques solidaires par le biais de caisses de grève, en multipliant les rencontres interprofessionnelles, au sein des collectifs et des AG de base, en retrouvant l’imagination et la force des pratiques collectives autogestionnaires pour ne plus déléguer notre présent et notre avenir aux politiciens et aux directions syndicales.
La création d’une caisse de grève dès ce printemps est impérative car le mouvement sera dur et long, la solidarité doit être réelle. Caisses gérées par établissement, par secteur, etc. Dans certains pays, légalement, les salariés versent aux syndicats une somme régulièrement qui sera reversée au pro-rata lors des grèves… et ça marche !
Comment une caisse de grève pourrait-elle fonctionner ?
Nos réunions et discussions sur le sujet nous ont permis de définir trois possibilités :
1) Un «Collectif Local de Caisse de Grève (COCG)» collecte les dons qui restent au niveau local et est en relation avec les autres collectifs dans le but d’être en alerte s’il devient nécessaire de soutenir une grève locale ou un mouvement généralisé. Il reste en contact avec les donateurs et donatrices pour avaliser leur participation au soutien d’un mouvement.
2) Un COCG collecte les dons qui restent partiellement au niveau local et est en relation avec un Collectif National. Ce Collectif National est en contact avec l’ensemble des COCG existants Il thésaurise une part des dons afin de les redistribuer en fonction soit des nécessités locales soit d’un mouvement majeur.
3) Dans les deux cas, ce sont les collectifs de base qui auront la responsabilité de répartir les sommes entre les grévistes. C’est dans le mouvement que les modalités de cette répartition devront être définies.
Plusieurs questions doivent faire l’objet de nouvelles discussions ouvertes à tous ceux et toutes celles qui ont les mêmes objectifs que nous : l’auto organisation et la création de cet outil indispensable qu’est la caisse de grève.
Voici quelques unes de ces questions :
1. Les COCG seront ils une structure uniquement horizontale, chacun étant en relation avec les autres? Chaque COCG détient sa masse financière qu’il peut mettre à disposition d’autres collectifs pour le soutien d’un conflit. Cette construction rend difficile le soutien d’un mouvement majeur et global, car il se pourrait alors que les dons soient perpétuellement affectés au soutien des conflits locaux, ce qui empêcherait la constitution d’une masse financière pouvant être utilisée nationalement dans le cadre d’une grève générale. Ici, la fonction du Collectif national est uniquement de sommer les dons et d’en informer les COCG.
2. La structure sera t-elle plus verticale, chaque COCG versant une certaine part à un Collectif National désigné par les différentes COCG et dont le rôle sera de veiller à l’utilisation de la part des dons dévolue à un mouvement généralisé?
3. Les donateurs et donatrices pourront-ils/elles retirer leurs dons à tout moment en cas de désaccord?
Dans l’immédiat, notre priorité est d’amorcer une dynamique en agissant sur deux terrains :
1. Ne nous payons pas de mots, comme le font nos dirigeants ! Pour rendre notre démarche plus concrète et plausible, et montrer notre détermination, nous devons collecter immédiatement des engagements moraux de versements. Les versements réels ne seront effectués que lorsque la structure sera construite et stable.
2. Il est urgent également de lancer un appel à la constitution d’autres collectifs qui s’engageraient dans une démarche similaire et chercheraient à se coordonner.
Il nous parait primordial de réunir nos forces, d’œuvrer de manière coordonnée, lisible et démocratiquement décidée en nous donnant le moyen d’entrer dans un mouvement de lutte par le biais de la caisse de grève.
Dans ce but, nous vous invitons à nous retrouver :
LUNDI 23 juin à 20 h 30, à la Corne d’Or, 64 rue Aristide Briand à Mulhouse, afin de donner corps à cette volonté.
Contact : coordination-htrh@orange.fr
Des syndiqué/e/s de diverses organisations et des non syndiqué/e/s
juillet 6th, 2008 at 9:58
Bonjour,
Je suis membre du syndicat SUD du centre hospitalier de Novillars, à côté de Besançon (psychiatrie).
Je partage votre constat sur les confédés syndicales. Et ça fait longtemps !!
La caisse de grève est une idée, mais l’idée de base, selon moi c’est de convaincre chaque salarié avec qui on travaille de mettre de côté un mois de salaire, en prévision de la grève et de ne pas y toucher.
C’est une vieille pratique du mouvement ouvrier. Même les plus pauvres parmi nous peuvent y arriver. Cela résout d’emblée le problème du contrôle sur l’argent de la caisse de grève et de la démocratie. La caisse de grève, c’est une autre étape de la conscience, mais en plus efficace politiquement; c’est sûr. Commençons à nous fréquenter, nous qui souhaitons une alternative à la bureaucratie, et le reste suivra.
Norbert NUSBAUM
SUD Novillars
juillet 23rd, 2008 at 23:37
Abonné depuis pas mal de temps à ACC, je constate que vous avez fait un bon qualitatif avec ce site. Bravo. Pour l’avoir visité il y a un ou deux ans, je me souviens que rien, dans la précédente version n’invité à y retourner.
En relation avec le sujet précédent, je relaie l’exigence du “Tous ensemble et en même temps” porté par les deux sites suivants :
www.conseilnationaldelaresistance.fr
http://tous-ensemble.dyndns.org:80/
Excusez du doublon éventuel, je me doute bien que vous êtes au courant. Mais si vous pouviez faire votre “Une” sur le sujet…
La nature de la politique de Sarkozy avait été dévoilée par un idéologue du MEDEF : défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance. Pas l’actualiser aux enjeux de l’époque ni le mettre en oeuvre : le défaire.
Revoir à ce propos : http://rupturetranquille.over-blog.com/article-7195117.html
Or c’est, fort opportunément, le 14 juillet que j’ai reçu ce message :
“Nous sommes toutes et tous le Conseil National de la Résistance.
On ne peut pas attendre que l’inspiration vienne. Il faut courir après avec une massue. (Jack London)
Que faire, aujourd’hui, pour donner un coup d’arrêt à la liquidation, par Sarkozy et le Medef, de notre République et de son modèle social hérité du CNR?
Ce coup d’arrêt ne peut être donné que par une très large mobilisation populaire dans tout le pays et au même moment…
La capacité de révolte de notre peuple est intacte, comme le montrent, partout en France les foyers de résistance qui se développent sous des formes différentes (collectifs, associations, fondations…).
Les conflits sociaux se multiplient. Mais ne convergent pas…
L’alternative politique au capitalisme sauvage se dessine peu à peu. Mais pas assez vite…
Le mouvement social manque de cohésion et de puissance, faute d’une perspective politique réelle.
Il est morcelé et les états-majors syndicaux, ont choisi d’engager, entre eux, une course à la représentativité qui les éloigne de leur base et les fragilise.
La perspective politique, elle, tarde à prendre forme car la réflexion est menée sans l?adhésion des masses populaires.
Les divisions intestines, le culte de l’individualité et des appareils ont détourné trop de citoyens du terrain politique.
Convergence des luttes ET irruption citoyenne du peuple dans le champ politique doivent être obtenues. Maintenant?
Or situation dans laquelle se trouve notre pays nous offre cette possibilité dans les semaines à venir!
L’initiative d’une Grève Générale Reconductible, le 10 novembre 2008 doit être relayée dans tout le pays pendant les congés d’été.
La rentrée de septembre sera l’occasion de la décider partout et deux mois de travail permettront encore d’en assurer le succès.
Sa réussite repose, sur l’engagement, immédiat des forces de chacune et chacun d’entre nous.
Elle donnera une cohésion au mouvement social en donnant l’impulsion indispensable à la mise en place d’un cadre commun de discussions pour coordonner les luttes, organiser la résistance et reprendre les conquêtes.
L’intervention populaire pourra aussi imposer un cadre de réflexion unitaire et attractif qui pourra facilement être élargi aux citoyens, pour la création d’une vraie alternative aux politiques actuelles.
Elle pèsera sur les rassemblements des organisations politiques de fin d’année et aura comme prolongement la nouvelle séquence électorale qui s’ouvre avec les élections de 2009, 2010 et 2012.
Ce camouflet sera enfin un signal très fort en direction des autres pays de l’Union Européenne que Sarkozy préside jusqu’en décembre…
Diffusez cet appel par tous les moyens possibles et imaginables :
Soyons le Conseil National de la Résistance
Résister, c’est créer. Créer, c’est Résister.
www.conseilnationaldelaresistance.fr ”
“Le choix est aujourd’hui plus que jamais pour chaque profession de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l’enfer de l’exploitation sans limite, ou de construire démocratiquement et d’urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes”.
Tous ensemble et en même temps : la question du 10 novembre est donc posée.
http://tous-ensemble.dyndns.org:80/
juillet 25th, 2008 at 8:43
“Abonné depuis pas mal de temps à ACC, je constate que vous avez fait un bon qualitatif avec ce site”.
Pardon : Un BOND qualitatif…à Contre courant du “grand bond en arrière”.
J’espère que votre popularité suivra le même mouvement.
juillet 27th, 2008 at 17:19
Problème et projet FONDAMENTAUX. Il faut pouvoir financer une grève, dans la durée. La solution à laquelle j’ai pensé : avoir une organisation qui puisse recevoir et placer l’argent (il faut se saisir des moyens capitalistes). Pour que cela puisse avoir un impact, il faudrait une cotisation annuelle entre 30 et 150 euros, selon les revenus, et que le nombre de membres dépasse le million de salariés. Pour se protéger du dramatique danger du détournement de fonds (hélas, trop fréquent), il faudrait qu’il soit indiqué dans les statuts (association ? coopérative ?) qu’aucun membre dirigeant ne pourra recevoir d’argent pris sur cette caisse, qu’aucun virement important ne pourra être réalisé, sauf pour les adhérents à cette caisse, lorsqu’ils feront grève et qu’ils en apporteront la preuve par des documents. Bref, pour que cela réussisse, il faut bien faire les choses et prendre son temps. Mais quoiqu’il en soit de la solution adoptée, cette caisse de grève est absolument nécessaire.
août 5th, 2008 at 19:53
une solution complèmentaire : la grève de consommation
n’acheter que le strict nécessaire pendant au moins un mois.
deux effets :
- avoir un peu d’économies pour “tenir” plus longtemps
- affoler l’économie (voir baisse du prix du pétrole suite à une moindre consommation)